Neurologie
La relation bidirectionnelle entre le syndrome des jambes sans repos et l’accident vasculaire cérébral
Il existe une relation bien décrite mais complexe entre la présence du syndrome des jambes sans repos (SJSR) et la survenue d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Cette association semble s’exercer dans les deux sens.
Le SJSR est une affection neurologique caractérisée par la survenue de sensations désagréables dans les membres inférieurs, associées à un besoin irrépressible de bouger les jambes. Bien que son étiologie exacte demeure inconnue, l’ensemble des données disponibles suggère une dysfonction des ganglions de la base soumis à une régulation dopaminergique. Ces structures jouent un rôle central dans la coordination des mouvements, en particulier dans l’équilibre entre les muscles agonistes (initiation du mouvement) et antagonistes (inhibition du mouvement).
Le SJSR comme facteur de risque d’AVC ou comme conséquence ?
Le SJSR et les mouvements périodiques des membres (MPMS) sont de plus en plus considérés comme des facteurs de risque du développement de pathologies cérébrovasculaires et cardiovasculaires. À l’inverse, un AVC peut constituer un élément déclenchant de l’apparition ou de l’aggravation d’un SJSR ou de MPMS. Une étude cas-témoins menée chez des patients ayant présenté un AVC a montré que 15 % d’entre eux souffraient d’un SJSR, contre 3 % dans le groupe contrôle. Ces données plaident en faveur d’une relation bidirectionnelle entre le SJSR et l’AVC.
Une explication possible réside dans le fait que des mécanismes physiopathologiques communs (dysfonction des voies dopaminergiques, inflammation, stress oxydatif, hypoxémie et certaines prédispositions génétiques) sont impliqués à la fois dans le SJSR/MPMS et dans les AVC/AIT. Une association a également été mise en évidence entre le SJSR/MPMS et des pics tensionnels nocturnes. Ceux-ci, conjugués à une augmentation de l’activité sympathique, contribuent au développement de pathologies vasculaires et à un risque accru d’AVC/AIT.
Lorsqu’un infarctus ischémique atteint une partie des ganglions de la base, l’équilibre entre les muscles agonistes et antagonistes peut être perturbé, ce qui peut notamment se traduire par des mouvements musculaires anormaux, des myoclonies, une raideur et des tremblements.
Traitement du SJSR
Alors qu’un traitement efficace du SJSR pourrait réduire significativement le risque d’AVC et d’autres complications cardiovasculaires, un SJSR non traité serait, à l’inverse, associé à une augmentation du risque d’AVC.
La première étape consiste à corriger l’ensemble des facteurs susceptibles d’aggraver les symptômes du SJSR. Cela inclut notamment la prise en charge du diabète, d’une neuropathie, d’un syndrome d’apnées du sommeil ou d’une carence martiale. Des mesures hygiéno-diététiques (l’éviction de l’alcool, de la caféine et de la nicotine, le maintien d’un rythme de sommeil régulier et la pratique d’une activité physique régulière) peuvent également apporter un soulagement symptomatique.
Plus récemment, la Food and Drug Administration (FDA) a approuvé un nouveau dispositif pour le traitement du SJSR, la tonic motor activation (TOMAC), porté au niveau des membres inférieurs et destiné à activer la musculature.
Enfin, plusieurs options thérapeutiques médicamenteuses peuvent être envisagées, notamment les agents dopaminergiques, les benzodiazépines, les opioïdes ou certains antiépileptiques. Il convient toutefois de tenir compte de leur profil d’effets indésirables.
Références :
1. Farhani N, Costa YS, Rozik M, et al. Restless legs syndrome and periodic limb movements of sleep: the relationship with stroke and other cerebrovascular disease. Nat Rev Neurol. 2026;22(1):37-53. doi:10.1038/s41582-025-01161-z. Epub 2025 Nov 26. PMID: 41298862.
2. National Institute of Neurological Disorders and Stroke (NINDS). Restless legs syndrome [Internet]. Bethesda (MD): National Institutes of Health. Available from: https://www.ninds.nih.gov/health-information/disorders/restless-legs-syndrome