Adénomyose symptomatique : quelle place pour l’anneau vaginal en continu ?
L’adénomyose est une pathologie gynécologique fréquente, associée à des douleurs pelviennes, des ménorragies, une hypertrophie utérine, une infertilité et des complications obstétricales. En l’absence de stratégie thérapeutique spécifique clairement établie, la prise en charge reste essentiellement symptomatique. Dans ce contexte, identifier des alternatives efficaces et bien tolérées constitue un enjeu clinique important.
Les traitements hormonaux reposent principalement sur les progestatifs, les analogues de la GnRH ou les dispositifs intra-utérins au lévonorgestrel. Leur tolérance peut toutefois être limitée chez certaines patientes, notamment en raison d’effets liés à la suppression œstrogénique. Dans ce contexte, les contraceptions combinées, notamment par voie vaginale, suscitent un intérêt croissant.
Une amélioration clinique et échographique
Une étude observationnelle prospective auto-contrôlée publiée en 2025 a inclus 42 femmes suivies pendant 6 mois sous anneau vaginal en schéma continu (remplacement toutes les trois semaines sans intervalle libre). L’évaluation portait sur le volume utérin, les signes échographiques d’adénomyose et les symptômes douloureux (échelle VAS).
Après 6 mois, une diminution moyenne du volume utérin de 14,4 % était observée (p = 0,001), chez 92,9 % des patientes. Les signes échographiques directs et indirects d’adénomyose diminuaient également de manière significative, parallèlement à une amélioration des douleurs menstruelles (VAS 8,3 à 3,9), intermenstruelles (7,0 à 2,9) et des dyspareunies (6,6 à 2,9) (toutes p = 0,001). L’amélioration des douleurs menstruelles était corrélée à la réduction du volume utérin (p = 0,003), suggérant que le bénéfice observé ne relève pas uniquement d’un contrôle symptomatique.
Données encore limitées
Des données issues de l’endométriose profonde suggèrent également un bénéfice symptomatique de l’anneau vaginal par rapport au patch transdermique, sans extrapolation directe possible à l’adénomyose. Les auteurs rappellent que l’administration vaginale pourrait permettre des concentrations hormonales pelviennes plus élevées que les voies systémiques, comme suggéré dans la littérature. Ce mécanisme pourrait en partie contribuer à l’effet observé. Ces résultats doivent être interprétés avec prudence. L’effectif est limité et l’absence de groupe contrôle ne permet pas de comparer l’efficacité de l’anneau vaginal aux traitements de référence. Par ailleurs, la durée de suivi de 6 mois ne permet pas d’évaluer la persistance de l’effet à long terme.
En pratique, l’anneau vaginal en schéma continu pourrait constituer une option chez les patientes symptomatiques nécessitant une contraception, en particulier lorsqu’une alternative aux progestatifs seuls est recherchée. Des études complémentaires restent nécessaires pour préciser sa place dans la stratégie thérapeutique.
Références :
1. Xholli A, Oppedisano F, Ferraro MF, et al. Vaginal contraception with NuvaRing decreases symptoms and uterine features of adenomyosis: A prospective evaluation. Contraception. 2025;150:111016. doi:10.1016/j.contraception.2025.111016
2. Galati G, Ruggiero G, Grobberio A, Capri O, Pietrangeli D, Recine N, et al. The role of different medical therapies in the management of adenomyosis: a systematic review and meta-analysis. J Clin Med. 2024;13(11):3302. doi:10.3390/jcm13113302