Allergies alimentaires : mieux identifier les facteurs de risque
La prévalence des allergies alimentaires chez l’enfant a fortement augmenté au cours des dernières décennies, faisant de leur prévention un enjeu majeur en pédiatrie. Comprendre pourquoi elles surviennent et identifier les enfants à risque reste toutefois complexe, en l’absence de consensus clairement établi sur les populations à risque.
Une méta-analyse récente publiée dans JAMA apporte une synthèse actualisée des facteurs associés au développement des allergies alimentaires chez l’enfant. Elle repose sur 190 études totalisant près de 2,8 millions d’enfants dans 40 pays et estime qu’environ 5 % des enfants présentent une allergie alimentaire avant l’âge de six ans. Le critère principal retenu était la survenue d’une allergie alimentaire jusqu’à cet âge.
Facteurs de risque
L’analyse, portant sur plus de 300 facteurs, met en évidence plusieurs associations fortes avec le risque d’allergie alimentaire. Parmi elles, la dermatite atopique (en particulier lorsqu’elle est précoce) apparaît comme un facteur majeur.
Les antécédents familiaux d’allergie, ainsi que l’apparition précoce d’autres manifestations atopiques (rhinite, asthme, sibilants), confirment l’importance du terrain immuno-allergique. Certaines expositions précoces sont également associées à un sur-risque, notamment l’exposition aux antibiotiques en début de vie ou une introduction tardive des aliments solides. D’autres facteurs environnementaux et démographiques sont également rapportés.
À l’inverse, certains facteurs présentent une association plus modérée, tels que le sexe masculin, la naissance par césarienne ou le statut d’aîné. Enfin, plusieurs facteurs fréquemment évoqués (faible poids de naissance, naissance post-terme, âge maternel, stress maternel pendant la grossesse ou allaitement) ne semblent pas associés à une augmentation significative du risque.
Un risque multifactoriel
Ces résultats suggèrent que le développement des allergies alimentaires résulte de la convergence de multiples facteurs (génétiques, environnementaux et liés au terrain atopique), associés à l’exposition aux allergènes. Le risque apparaît ainsi comme le résultat d’une combinaison de facteurs majeurs et mineurs, plutôt que d’un facteur isolé.
En pratique, ces données permettent de mieux caractériser les profils à risque et d’en hiérarchiser les facteurs, sans définir à elles seules des stratégies de prévention. D’autres travaux suggèrent toutefois que certaines expositions précoces, notamment l’introduction des allergènes alimentaires au cours de la première année de vie, pourraient influencer le risque de développer une allergie alimentaire.
Références
1. Islam N, Chu AWL, Sheriff F, et al. Risk Factors for the Development of Food Allergy in Infants and Children: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA. 2026.
2. Scarpone R, Kimkool P, Ierodiakonou D, et al. Timing of allergenic food introduction and risk of IgE-mediated food allergy. JAMA Pediatr. 2023;177(5):489-497. doi:10.1001/jamapediatrics.2023.0142