Oncologie

Cancer : une percée pour stopper la dissémination métastatique

En analysant des cellules cancéreuses individuelles, des chercheurs de l’Université libre de Bruxelles (ULB) ont découvert les régulateurs transcriptionnels de la TEM dans les tumeurs et identifié des régulateurs clés contrôlant les métastases, révélant ainsi de nouvelles vulnérabilités thérapeutiques pour bloquer la dissémination métastatique. La recherche a été publiée dans Nature Communications.

La rédaction - 23 juillet 2026

cancer métastases metastasis

Les métastases, processus par lequel les cellules cancéreuses se propagent de leur site d’origine vers d’autres organes distants, sont responsables de 90 % des décès liés au cancer. Pour métastaser, les cellules cancéreuses subissent la transition épithélio-mésenchymateuse (TEM), un processus cellulaire qui leur permet de se détacher des cellules voisines et de se disséminer dans le sang pour atteindre des organes distants. Plutôt qu’un simple interrupteur, la TEM progresse à travers un spectre d’états intermédiaires « hybrides ». Ces états hybrides présentent le potentiel métastatique le plus élevé. Cependant, les régulateurs transcriptionnels spécifiques contrôlant les différents états de la TEM et les métastases restaient jusqu’alors mal connus.

Dans une étude publiée dans Nature Communications[1], une équipe de recherche dirigée par Cédric Blanpain, MD/PhD, chercheur au Wel Research Institute, directeur du Laboratoire des cellules souches et du cancer et professeur à l'Université libre de Bruxelles, a découvert les facteurs de transcription précis qui dictent les transitions TEM et contrôlent les métastases.

De nouvelles cibles thérapeutiques potentielles pour prévenir les métastases

En utilisant des approches multidisciplinaires combinant des techniques de séquençage avancées à résolution unicellulaire et des expériences fonctionnelles, Andrea Pérez González, Gabriel Windels et leurs collègues ont découvert que les facteurs de transcription Klf5 et Pitx1 agissent comme des gardiens et des régulateurs essentiels des transitions épithélio-mésenchymateuses (TEM) précoces. La délétion génétique de Klf5 et Pitx1 a considérablement réduit la formation de métastases. Inversement, ils ont constaté que Nfatc1 et Creb3l1 régulent les stades tardifs de la TEM. « Découvrir que la suppression de Pitx1 ou de Klf5 réduisait drastiquement les métastases dans des modèles murins était fascinante, suggérant que ces nouveaux régulateurs contrôlant l'état de la TEM pourraient représenter de nouvelles cibles thérapeutiques potentielles pour prévenir les métastases », explique la Dre Andrea Pérez González, première auteure de l'article. 

Étant donné que les réseaux de régulation découverts dans les tumeurs murines correspondent étroitement aux données humaines, ces résultats révèlent des vulnérabilités thérapeutiques fondamentales pour la prévention des métastases. « Les stratégies cliniques visant à prévenir ou bloquer les métastases représentent toujours un besoin clinique majeur non satisfait. Nous espérons qu’en bloquant les facteurs impliqués dans la formation des métastases, tels que Pitx1 et Klf5, nous pourrons maintenir les cellules cancéreuses à l’état non métastatique et ainsi empêcher leur dissémination », commente le Pr Cédric Blanpain, directeur de cette étude.

Ce travail a été rendu possible grâce au soutien du programme européen Horizon 2020 (EVOMET ITN network), du Conseil européen de la recherche (ERC), du WEL Research Institute, du FNRS, du TELEVIE, de la Fondation Contre le Cancer, de la Fondation ULB, du Fonds Erasme et du programme conjoint FNRS/FWO EoS (Excellence of Science).  

Référence

Pérez-González, A., Windels, G., Bévant, K. et al. Single cell multiomics unravel the transcription networks controlling the different EMT tumor states. Nat Commun (2026). https://doi.org/10.1038/s41467-026-75521-8

Écrit par La rédaction23 juillet 2026
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